Nous n’avons compris qu’à la fin du film les raisons du titre. Les petits mouchoirs. Je m’attendais à plus de rires, peut-être en attendais-je trop, ou bien un épisode différent et moderne des Bronzés. Il s’agit pourtant d’un très bon film, dont j’attends sans doute déjà un nouveau visionnage. Il est de ces histoires un peu classique, remplies de sentiments connus, qui n’ont que peu de prétentions, mais qui touchent la cible.
Ces quarantenaires de moyenne me renvoient certaines images personnelles. Il y a dans mes propres histoires, moins de Cap Ferret mais plus de Normandie profonde, moins de promenades en bateau mais plus de camping, moins de chambres individuelles mais plus de séjours entassés, moins de soleil mais plus d’air, et tant de contextes différents.
J’ai terminé le montage du film de l’an dernier. Nous nous étions retrouvés, comme d’habitude mais ce ne fut pas comme toujours. Il y a eu ces 700 kilomètres qui entouraient l’enterrement du père de celui qui n’est pas venu. Ce n’est pas dans le film. Nous y sommes allés à deux, aller et retour, avec des discussions inhabituelles. Sens Paris, église, yeux rouge et l’après finalement agréable. Sens Mayenne et le mal de crâne qui ne me lâcherait plus et revenus comme hors du temps vers 22 heures tandis que les autres en étaient à l’apéritif, ou à peine.
Ce n’est pas dans le film. On passe du jeudi soir au vendredi nuit, il n’y a pas de vendredi. J’ai attrapé la crève pour une discussion cul sur gazon de la veille. Je n’étais pas dedans, je ne profitais pas, je pensais à l’enterrement et je repensais que c’était le premier parent de tous mes proches amis.
Entre la naissance de mes enfants et la perte du dernier de mes grands-parents, je découvrais avec un certain effroi assez froid que la vie suivait son cours, un peu logique, irrémédiablement. Bien des choses dont on ne pense pas car elles arrivent bien assez tôt. D’ailleurs, je préfère ne plus en parler pour cette fois.
Je visionne les moments ayant été glacés par la caméra. Je les retrouve, j’ai découvert aussi des instants inconnus lorsqu’un autre prenait l’appareil et filait immortaliser ses choix. J’ai envie, subitement que le week-end soit demain alors qu’il ne sera qu’à l’Ascension. Désormais, je vois arriver, approcher les mois, les semaines avec une inquiétude tout à fait sourde, parce que ces trois dernières années, il y eu deux réunions incomplètes numériquement. Par la faute de personne, un peu celle de pas de chance, parce qu’il fallait que l’impondérable tombe pendant ces quelques jours là. 365 jours par an et il fallait que des inévitables se déroulent plutôt quand il ne le fallait surtout pas. Je ne relativise plus.
Je me souviendrai de tout ça, de l’intensité de ces moments particuliers.
Et puis, le premier jour du week-end de l’an passé, j’arrivais le second, bien avance tout de même sur le troupeau. Arno m’annonçait avec fierté et grande excitation avoir trouvé la chanson pour cette édition. Elle passait déjà à la radio alors qu’habituellement, il me trouvait des pépites étonnantes qui seraient des tubes alternatifs de dans six mois. Gaétan Roussel que je connaissais de Louise Attaque envahissait les ondes avec sa reprise Help Myself.
Lorsque je cherchais le générique de fin à incruster au diaporamas et à la dernière scène, j’étais sans idée, puis je repensais à cet air là, bien aidé par l’actualité des Victoires de la Musique.
J’essaye de rythmer la fin, je cale le démarrage, the end. Et finalement, je réécoute la chanson.
Nous ne faisons que passer (Time to get away, gotta help myself !)
Dans l'ombre et la lumière (Soon !... Help myself !)
Nous ne faisons que traverser (Time to get away, gotta help myself !)
Des océans des déserts (Soon !... Help myself !)
Sans prendre le temps de s'arrêter...
Je viens juste de comprendre. Il y avait le message dans le refrain commercial que je n’entendais pas l’an passé. Il le ressentait. Je viens juste de comprendre ce qui l’avait touché. Comme un écho.