Le besoin épisodique d’écrire est moins présent en ce moment. Est-ce du fait des actualités cinématographiques depuis le début de l’année, de la météo estivales depuis deux mois, de l’impression du “jusque là, ça va” entrecoupé de “je touche du bois”.
Les révolutions qui se déroulent un peu plus bas sur la mappemonde, le Japon, les crises européennes de croissance, le Médiator, la campagne électorale française commencée trop tôt, le volcan cousin de celui de l’an passé, l’autre tremblement de terre en Espagne, le nucléaire oui non mais on ne peut pas faire sans, les faux débats, les écarts de langage politique du Guéant, Dupont de Ligonnès, les quotas du foot, les radars sans panneaux, le spectre de l’année 1976, DSK, putain, ah oui, DSK. Et toutes les infos se succèdent, de l’une à l’autre, faisant oublier la précédente, toujours plus vite, et omettant les battements de cœur d’à côté.
Tout est présenté à l’américaine, autour du sensationnel et du logo d’émissions spéciales. Nos dix années de retard habituelles sur les mauvais aspects américains se réduisent toujours. Et je m’en fout. C’est peut-être ainsi que je n’ai plus rien à dire. Il y a tant de gens qui disent pour tant d’autres qui ne font plus que de regarder, de fermer les yeux, d’acquiescer. Par défaut.
Pourtant il y en a à dire.
Je m’inquiète maladroitement et excessivement pour mon fils qui ne sera pas un littéraire. Parce que mes exigences sont devenues trop éloignées de celles de la Société.
La Poste est localement en grève depuis quinze jours et nous ne recevons plus les règlements des clients, et la trésorerie des comptes descend sans que nous puissions y faire quelque chose.
Un redressement fiscal suite à une absence de conseil de la banque et ma trop grande confiance (qui pourrait s’assimiler à de la fainéantise).
Cette cliente bientôt ex-bourgeoise en plein marasme, ne discutant plus que par avocat interposé avec son mari et qui ne peut plus nous payer.
DSK, je reviens dessus tant je ne veux plus rien en entendre, car à cause de ses frasques dont je me fous de savoir qui a menti, personne de saura que dans une cave d’une cité du 9-3, une gamine de primaire a été violée par un déjà trop con d’à peine quelques années de plus qu’elle.
Et puis je pense souvent au 40 ans qui approche désormais trop vite, que je vais supporter car je n’ai pas le choix, que je m’amuse devant tous de dire que ça ne change rien.
Alors il y a eu une soirée avec deux potes ce week-end, face à une table de ping-pong et des verres de sky-coke sur la musique de Kisses, Bermuda. La soirée d’avant-garde avant les retrouvailles annuelles entre très vieux amis.
On dit que la vie équilibre tout. Je ne sais pas si le plus et le moins se donnent la main à la fin, en se disant, tout ça pour rien. On vient de m’annoncer un cancer du sein à la femme de mon pote du primaire. Je ne la connais pas tant que ça. moins que le père de mon autre pote du collège, parti l’an passé. C’est un peu aussi l’idée que je me fais de la quarantaine. Il y aura de plus en plus de mauvaises nouvelles tout autour. De ces nouvelles dont on se croit avec chance, protégés en courant les filles du lycée quand on a 17 ans.
Ce week-end, on m’a aussi offert une banane anti-stress à l’air douteux.
