Le projet, qui n’en n’est plus un, mais pas encore une réalisation, avance, par à-coups, étrangement cyclique. Nous tentons de tasser les amplitudes pour rendre les mauvaises semaines moins désagréables et les bonnes semaines plus relatives. Les clients vont. Nous avons sous-traité l’une d’entre eux, malhonnête et manipulatrice, à un Tribunal.
Nous avons tourné la page aujourd’hui d’une opportunité de rachat d’un concurrent. Un truc étrange que nous n’avions pas demandé. Une occasion instructive pour laquelle nous ne souhaitions pas prendre de risques et qui ne se fera pas. Nous restons écureuils avec nos noisettes en réserve.
Bientôt nous passerons une audition pour un agrément supplémentaire. Nous avons travaillé pour, comme le reste, avec transparence et honnêteté, donc sans regret.
Demain, quelques semaines, nous serons en vacances par alternance en croisant les doigts pour tout se déroule, pour que tout soit au mieux en l’absence de l’autre. En fait, nous avons, indépendamment l’un de l’autre le sentiment que le ciel nous tombe sur la tête lorsque l’autre s’octroie quelques jours à gauche ou à droite. Et puis septembre arrivera, j’espère dans les clous. Et puis octobre, date anniversaire.
Je crois qu’en octobre, nous pourrons peut-être nous projeter à l’année suivante, à un premier bilan de l’année N. Et puis, raisonnablement il y aura l’année N+1.
Mais entre temps, il y aura eu tant d’épisodes à faire passer, à régler.
Les semaines et mois passent sans que nous puissions réellement les compter. Nous constatons que ce ne sont plus les mêmes saisons car au dehors, les jupes et les robes sont sorties, car au dedans, nous ne subissons plus le froid du vieux bâtiment.
Il y a, je crois, cette envie de souffler, un peu, beaucoup. Mais ça ne tourne pas tout seul. La différence entre la vie d’avant et aujourd’hui est qu’il n’y a plus vraiment de vacances. J’essayerai d’y croire un peu mais j’aurai la tête parasitée. C’est ainsi, car je sais que le téléphone peut sonner, qu’une difficulté peut se présenter pour laquelle toutes les forces et avis sont requis.
Alors je rêve un peu de l’avenir lorsque nous pourrons vraiment nous appuyer sur d’autres avec d’autres pensées. Je suis difficile et impatient. Ou alors tout sera différent mais j’essaye de ne pas y songer.
Alors, j’essaye de maitriser ces tensions, ce stress inhérent et apprendre, toujours à apprendre à relativiser, séparer les problèmes, les gérer un à un.
Et puis, il y a ces photos dans lesquelles j’aimerai avoir le temps et la volonté de replonger. Je souhaiterai avoir le temps et l’envie de faire ce bilan. Réalise t-on un bilan lorsqu’on a l’impression d’avoir achever quelque chose, une période, un cycle? J’imagine que je suis dans le cycle, non avant, non après. D’un sens, je ne pense plus au temps. Ou à peine. Ou en faisant semblant.
Sur internet, je suis tombé cette semaine sur des concerts enregistrées à l’époque des K7 et du walkman. Du mp3 comme doses du plaisir de se souvenir. Dans un coin d’un vieux carton déménagé trois fois, je dois avoir mes propres exemplaires de ces soirées. Anciennes K7 dont l’état … mais peut-être que je pourrais en faire quelque chose. J’enregistrais à bout de bras et en chantant bas, ou alors micro déporté sur une casquette. Croisement de doigts pour que la K7 n’arrivent pas au bout pendant un titre, j’anticipais, retournais pendant les applaudissements.
A la sortie comme à l’entrée du concert, l’appareil était dans les chaussettes, à cause de la fouille partielle. Allez faire tenir un vieux walkman à K7 dans une chaussette. C’était avant.
Rien que pour cela, ce fut une bonne semaine.