Encore une date du jour d’après passée. Hier, il aurait eu 73 et j’y ai pensé moins de cinq minutes après avoir posé un pied à terre.
Ma mère lui a offert de belles fleurs et a fait le tour de toutes les connaissances du coin. C’est que le temps passant, il ne s’agit plus de retenir le nom des rues et des avenues des villes mais connaitre l’allée du cimetière et compter les tombes à partir du début pour rencontrer les gens. D’un sens, c’est plus simple, c’est très écologique, le carburant est économisé, il n’y a qu’une seule véritable adresse. Aussi, c’est plus sain, rien à craindre des ondes téléphoniques émises à travers les portables, la ligne matérielle a été coupée.
Vraisemblablement, ma situation a changé. Je m’accommoderais du gouffre de l’absence. Ce serait donc vrai, comme quoi, la vie continue, que le temps bla bla. Disons que l’effet est différent, bien plus sournois, lorsque l’activité au travail est ralentie, quand je pense souffler.
J’ai terminé un très bon livre, Une vie française de Jean-Paul Dubois (Prix Fémina 2004) m’ayant permis de m’évader tout au long d’une autre existence. Au milieu de l’ouvrage, en deux simples pages, le décès du père résonnait en écho dans ma tête. Je parallélise tout ce qui m’entoure avec l’évènement du début d’été. C’est ainsi et je n’y vois pas de mal.
Une question se pose, quant à savoir si je m’oriente dans la bonne direction et que je ne m’accroche pas trop au passé, comme si désormais, ce qui était devant était moins important que ce qui a été vécu.
Alors, je donne moins d’importance à certains soucis du quotidien laborieux (je ne sais que ce n’est pas volontaire), je me dis qu’il faut profiter en desserrant par moment le frein à main. Ce n’est pas dans ma Nature. La période est curieuse. Je pressens que la crise n’est que le début des catastrophes qui nous attendent; j’ai tendance à croire que les vies seront différentes dans deux ans, parce qu’il se passera quelque chose qui nivèlera les valeurs, les positions et la situation globale.
Peut-être bien, que sous un certain regard, la fin du Monde de décembre 2012 sera réelle, la fin des quotidiens vers d’autres obligations.
Ou alors tout continuera, parce que c’est ainsi et que l’échelle de référence est disproportionnée par rapport à nos petits problèmes.
Mes enfants grandissent, je le vois mais ne le regarde pas. Peut-être qu’ils ont l’un et l’autre déjà passé la moitié du temps de cohabitation avec leurs parents. L’un a 11 et aura 22, l’autre a 9 et aura 18.
Curieusement, je m’attache à 2008 comme point de départ entre “tout va bien” et “l’inquiétude de la catastrophe qui arriverait”. J’ai dû bifurquer à un certain carrefour comme il en existe dans toutes les existences et prendre une direction différente des années précédentes.
Depuis, conscient, je tente de resserrer les fils pour revenir les rails. C’est idiot de penser réussir car on ne maitrise pas le véhicule.
Applications géométrique et rationnelle des vies.